Effets de l'administration intra-nasale de lactocoques sécréteurs de leptine sur la prise de poids chez des souris obèses
Contexte Environ 30% de la population nord-américaine et 20% de la population européenne souffrent d’obésité. Chez l’homme, la leptine (une cytokine) joue un rôle crucial dans la régulation du poids corporel comme cela a été démontré chez des obèses morbides déficients en leptine ou en récepteurs de la leptine. Des traitements à la leptine ont induit de remarquables résultats chez les patients obèses atteints d’une déficience génétique rare en leptine. Cependant, chez la grande majorité des obèses, l’efficacité est beaucoup plus faible. Des réductions significatives du poids corporel n’ont été obtenues qu’après injections de leptine à des concentrations 20 à 30 fois supérieures aux niveaux physiologiques. Cette faible réponse a été attribuée à une traversée peu efficace de la barrière céphalo-méningée par la leptine. Chez la souris ob/ob, la déficience en leptine conduit à une obésité massive, associée à une forte résistance à l'insuline et éventuellement un diabète. Nos travaux avaient pour objet de mesurer les effets de l’administration intranasale d’une souche de Lactococcus lactis sécrétant de la leptine biologiquement active chez des souris ob/ob. Résultat Dans un premier temps, nous avons pu faire sécréter efficacement de la leptine par une souche recombinante de L. lactis (LL-LEP). Nous avons démontré que la leptine sécrétée par LL-LEP était fonctionnelle. Enfin, nous avons évalué si l'administration intra-nasale de LL-LEP inhibait la prise alimentaire et la prise de poids de souris ob/ob. Nous avons ainsi observé que des administrations quotidiennes de LL-LEP à ces souris ob/ob réduisaient de façon significative le gain de poids et la prise alimentaire. Ces résultats démontrent que la leptine est produite sous forme active par L. lactis et que LL-LEP a été utilisée avec succès pour réguler le poids corporel et la consommation de l’hôte. Ces premiers résultats laissent espérer que des souches probiotiques recombinantes pourraient apporter de nouvelles solutions dans le futur pour la prévention et le traitement de l’obésité. Perspectives, impact à terme Nous avons développé une souche LL-LEP que nous allons utiliser dans des projets basés sur l’utilisation de bactéries pour la prévention de l’obésité. Nous comptons aussi utiliser des stratégies identiques pour exprimer des récepteurs de la leptine. Partenaires Ce travail a été mené en étroite collaboration avec Tarik Issad (Institut Cochin, Paris). Bibliographie
Bermudez-Humaran LG, Nouaille S, Zilberfarb V, Corthier G, Gruss A, Langella P, Issad T. 2007. Effects of Intranasal Administration of a Leptin-Secreting Lactococcus lactis Recombinant on Food Intake, Body Weight, and Immune Response of Mice. Appl Environ Microbiol. 73:5300-5307. Contact Philippe Langella, UEPSD, INRA, Domaine de Vilvert, 78352 Jouy en Josas, philippe.langella@jouy.inra.fr
Rédaction :
Micalis
Date de création : 02 Avril 2011 Mise à jour : 23 Juin 2011 |