Le microbiote précoce est façonné par 2 facteurs qui interagissent ensemble : le mode d’accouchement et le sexe. Une équipe de recherche de l’Institut Micalis montre que chez la souris, la césarienne induit des microbiotes différents entre mâles et femelles, avec une sensibilité accrue à l’inflammation du côlon et une barrière intestinale altérée chez les mâles. Des résultats publiés dans Gut Microbes.
De précédentes études ont déjà montré que la césarienne modifie la colonisation microbienne des premiers jours de vie. Parallèlement, de nombreuses études indiquent que les mâles et les femelles ne réagissent pas toujours de la même manière aux perturbations du microbiote ou de la barrière intestinale.
Une équipe de recherche de l’Institut Micalis, a voulu comprendre comment ces 2 facteurs (mode de délivrance et sexe) pouvaient interagir au cours de la croissance, et si cette interaction pouvait avoir un effet sur la sensibilité à des maladies intestinales, comme la colite à l’âge adulte.
Les scientifiques ont utilisé un modèle murin pour suivre l’évolution du microbiote et de la barrière intestinale depuis la naissance jusqu’à l’âge adulte. Les résultats indiquent que dans les tout premiers jours, c’est surtout le mode d’accouchement qui domine : les souris nées par césarienne présentent une signature immunitaire et microbienne distincte, quel que soit leur sexe. Cependant, cette situation évolue avec l’âge et on observe qu’en grandissant, les trajectoires des mâles et des femelles divergent nettement. Ce sont uniquement les souris mâles nés par césarienne qui développent à l’âge adulte une sensibilité accrue à la colite. Cette différence s’accompagne de modifications spécifiques du microbiote intestinal, notablement avec un excès précoce et un déficit plus tardif de bactéries capables de produire du butyrate, un métabolite bactérien avec des implications santé, et de son interaction avec la barrière intestinale, avec chez les mâles une altération de la résistance épithéliale.
Le mode de naissance semble donc “programmer” des trajectoires microbiennes et immunitaires différentes selon le sexe, avec des conséquences visibles bien plus tard dans la vie. Ces résultats soulignent l’importance de prendre en compte à la fois le sexe et l’empreinte microbienne précoce pour une stratégie de prévention adéquate en santé intestinale.
Dans la suite de ces travaux, une étude sera prochainement publiée sur l’identification de probiotiques adaptés à partir de travaux menés sur des souris conventionnelles et souris qui ont reçu du microbiote humain. D’autres maladies, comme l’asthme, seront bientôt étudiées dans un nouveau projet de recherche, toujours pour comprendre les interactions entre mode d’accouchement et sexe.
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