Soutenance d’HDR :
Adaptation des interactions nutrition-intestin-hôte aux régimes contemporains : place du fructose alimentaire comme déterminant nutritionnel majeur
Au cours des dernières décennies, l’augmentation de la consommation de fructose dans les régimes alimentaires contemporains a profondément modifié les apports en sucres simples et soulevé de nouvelles questions quant à leurs effets sur la physiologie. Mes travaux présentés dans ce manuscrit ont contribué à répondre en partie à ces questions. Menés dans un premier temps essentiellement sur des modèles précliniques, ils ont permis de caractériser les mécanismes de régulation de l’absorption intestinale du fructose ainsi que les conséquences systémiques de son métabolisme, essentiellement dans les tissus extra-hépatiques. Progressivement, mes travaux ont également mis en évidence que les effets du fructose ne relevaient pas uniquement de son absorption et de son métabolisme par l’hôte, mais aussi des conséquences de sa malabsorption sur l’écosystème intestinal.
L’intégration du microbiote intestinal dans mes recherches a ainsi permis d’identifier son rôle central dans la médiation des effets du fructose, mais aussi plus largement des régimes obésogènes. Ces travaux ont notamment montré que la réponse de l’hôte ne dépend pas uniquement d’une exposition chronique, mais également de mécanismes d’adaptation rapide du microbiote, à l’échelle du repas ou des premiers jours d’exposition. Dans la continuité de ces recherches sur les interactions entre sucres alimentaires, intestin et hôte, mes travaux en cours visent à établir des relations causales entre malabsorption du fructose, reconfiguration du microbiote intestinal et conséquences physiologiques ou comportementales, notamment via l’axe intestin-cerveau. Ils s’intéressent en particulier au rôle du microbiote et de la plasticité entéro-endocrine dans l’hypersensibilité viscérale et les troubles de l’humeur, ainsi qu’à la dynamique écologique des communautés bactériennes en réponse au fructose. Cette thématique évolue désormais vers des approches plus translationnelles, via notamment la mise en place de cohortes humaines et sur l’intégration de données cliniques, métagénomiques et métabolomiques, afin d’identifier chez l’homme des signatures fonctionnelles susceptibles d’ouvrir la voie à de nouvelles stratégies préventives ou thérapeutiques.
Membres du jury:- David Ribet, Directeur de Recherche INSERM, ROUEN.
- Guillaume Walther, Professeur des Universités, Avignon
- Sophie Blat, Chargée de Recherche, Rennes.
- Mouna Hanachi, PUPH, Hôpital Paul Brousse, Paris.
- Filipe De Vadder, Chargé de recherche CNRS, Lyon.
- Sandra Guilmeau, Maitre de conférences universitaire, Institut Cochin, Paris